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 On reste ennemis ?

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MessageSujet: On reste ennemis ?   Mar 18 Sep - 22:01
On reste ennemis ?


Attablé devant le petit déjeuner, je me demandais ce que j’allais faire de la journée. Probablement approfondir quelques notions. Avoir des O aux BUSES était toujours appréciable, et au moins je ne devrais pas mettre en danger d’autres élèves en révisant. Puisque le lac était quasiment interdit de survol sous peine de noyade assurée, j’espérais seulement que les rongeurs de la bibliothèque n’allaient pas dévorer le premier venu à chaque fois que j’allais ouvrir un bouquin. J’étais tiré de mes réflexions par l’arrivée des facteurs volants. Je laissais échapper les premières notes d’un opéra de Wagner en voyant le tourbillon de plumes, et était surpris d’en voir un venir vers moi. Un oiseau que je ne connaissais pas le moins du monde, mais qui déposait devant moi un paquet à la forme si particulière qu’il m’étais impossible de me tromper.


Enfin. Je recevais finalement ma guitare bien aimée, qui venait de passer des semaines seule à la maison. Je l’avais oublié en préparant mes valises lors de la rentrée (la prendre était trop évident pour que j’y pense) et il avait fallu des jours à mes parents pour arriver à le l’envoyer par hibou. Même après toutes ces années, ils avaient encore du mal avec le système postal sorcier. Le fait qu’ils soient l’un comme l’autre Moldus n’arrangeait rien, et bien que le Ministère les ait aidés à s’intégrer dans ce nouveau monde dans lequel ils étaient entrés involontairement par ma faute, une tâche aussi simple que d’envoyer un colis restait un exploit. Je pouvais difficilement leur en vouloir, ce n’était après tout pas leur monde ; c’était censé être le mien mais je m’y sentais autant chez moi qu’une salamandre dans un frigo. Dire que je le détestais aurait été faux cependant. J’aimais bien le monde magique, où tout était surprenant et où rien n’était impossible, mais je n’y étais clairement pas le bienvenu et je comprenais très bien que je ne pourrais y mener une vie paisible ; alors que de l’autre côté du miroir je ne serais qu’un citoyen de plus, loin des intrigues et des complots qui semblaient secouer le Ministère. Quelque chose me forçait à rester cependant. La volonté de faire chier, le désir ardent de montrer aux suprématistes Sang-purs qu’un être inférieur pouvait les battre, et ainsi les mettre en face de l’absurdité de leur doctrine. Ce qui devait avoir pour conséquence d’augmenter drastiquement les chances d’avoir un accident du genre fatal.


Mais je chassais ces pensées négatives de mon esprit. Mon instrument favori venait d’arriver, emballé dans sa housse et dans le même état que je l’avais laissé en partant -parfaitement accordé, avec le médiator scotché sur le manche et avec des traces de sang sur les cordes-. C’était un beau vendredi matin, et je comptais bien en profiter pour jouer un peu. J’enfilais les bretelles de la housse et quittais la Grande Salle, prenant juste le temps de finir mon bol de café (je m’y étais mis durant l’été) et laissant à ma place une tartine à moitié mangée. Je sautillais presque dans les couloirs, la réception de ce colis était la meilleure nouvelle que j’avais eu depuis des jours, voire même depuis la rentrée. J’avais l’impression de redevenir moi-même, d’être entier à nouveau. Je choisissais d'aller dans le parc. Il faisait beau et je n’avais pas envie de m’enfermer dans la Salle commune. Je n’avais pas spécialement envie de partager la musique aux autres, mon envie de jouer était beaucoup plus égoïste ce jour-là, mais le grand air était attirant. Autant profiter des matinées à l’extérieur pendant que c’était encore possible, car le froid, la neige, et le mauvais temps n’allaient pas tarder à se faire savoir.


Je marchais un peu et trouvais un coin sympa, à savoir une petite bute surplombant une partie du parc et du lac. Je m’asseyais dans l’herbe sur la pente et contemplais un moment le paysage qui s’offrait à moi. Les courants d’air qui dessinaient des ondes sur la surface du lac qui d’ordinaire était d’huile, qui remontaient ensuite sur la colline en faisant se coucher les brins d’herbe et s’agiter les feuilles des quelques arbres à proximité. C’était beau. Un vendredi matin paisible, l’air y était frais mais pas froid et parfaitement compensé par les rayons du soleil qui jouaient à cache-cache avec les nuages. Une matinée à des centaines de parsec des événements qui s’étaient développés plus tôt. D’abord l’altercation avec Sherwood sur l’escalier, puis le demi meurtre dans le couloir. L’attaque subie par le russe paraissait comme dérisoire en comparaison… Quelque chose ne tournait vraiment pas rond ici.


Je sortais la guitare de sa housse de transport et la posait sur mes genoux. Ma bonne vieille acoustique qui m’accompagnait depuis quelques années. Dommage que j’aie dû laisser sa cousine électrique à la maison par précaution. J’avais en effet vite constaté que magie et technologie ne faisaient pas bon ménage, et je ne voulais pas la casser. Peut-être qu’avec un enchantement je pourrais la remplacer... Je décidais d’en parler au professeur de sortilèges une prochaine fois. Plaçant l’as de pique à sa place -en haut de la guitare – je la prenais en main et commençais à jouer en fredonnant. « Gimme Shelter », c’était bien à jouer. Et terriblement d’actualité. 

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Dernière édition par Thanaël Redwood le Mer 19 Sep - 15:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Mer 19 Sep - 13:55
On reste ennemis ?



[Vendredi 19 octobre, 10h00]

Ce vendredi matin-là, les cinquièmes années n’avaient pas cours. Kathleen en avait donc profité pour faire un tour dans la Salle de Bain des Préfets avant de rejoindre son dortoir pour s’y changer. Elle avait enfilé une robe grise à manches longues qui était évasée et s’arrêtait une dizaine de centimètres au-dessus de ses genoux. Afin de ne pas avoir froid aux jambes, elle avait mis un fin collant noir. Décidant d’aller se promener un peu dehors avant que la pluie qui était prévue pour l’après-midi n’arrive, elle avait emporté avec elle une cape noire à capuche.

Juste avant de sortir de sa Salle Commune, elle s’arrêta net. Elle venait d’avoir une idée : et si elle profitait de sa matinée pour s’entrainer un peu au tir à l’arc ? Elle avait promis à ses parents de ne pas délaisser ses activités sportives lorsqu’elle se trouvait à Poudlard. L’équitation et la danse de salon n’étant pas réellement praticables au Château, il ne lui restait plus que le tir à l’arc. Elle fit donc demi-tour pour aller chercher son arc noir et son carquois anthracite rempli de flèches. Après avoir enfilé son carquois, c’est arc en main qu’elle partit.

Aucun sorcier ne semblait être surpris de la voir ainsi armée. Il n’était pas rare que les élèves profitent de leur temps libre pour s’adonner à un sport ou l’autre, à la musique ou encore à des activités artistiques. Il arrivait donc de voir des personnes transporter des flûtes, des calepins remplis de dessin ou être vêtues d’habits de sport. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Kathleen sortait son arc ; beaucoup d’élèves savaient donc déjà qu’elle en possédait un. Il était d’ailleurs très beau, tout comme les flèches qui l’accompagnaient et qui étaient aussi noires que l’était l’arc.

En passant devant la Grande Salle, elle hésita à aller manger un petit quelque chose avant de sortir. Elle n’avait pas envie de perdre du temps à s’asseoir parmi les élèves, mais d’un autre côté, elle sentait qu’elle avait déjà faim. Coupant la poire en deux, elle pénétra dans la pièce au plafond magique et s’empara d’une pomme verte qui trônait dans un bol de fruits. Ressortant de la salle aussi vite qu’elle y était arrivée, elle traversa le hall, poussa les lourdes portes de Chêne, dévala l’escalier de pierre et traversa la cours qui la séparait encore du parc.

Il avait dû pleuvoir, durant la nuit, car la terre était encore un peu humide. Elle sentait ses chaussures à talons compensés s’enfoncer légèrement à chaque pas qu’elle faisait. Dévorant sa pomme en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle en jeta le trognon au milieu de quelques buissons. Se dirigeant vers le lac, elle comptait rejoindre la lisière de la forêt en longeant l’étendue d’eau. C’est alors qu’elle entendit, au loin, une musique. Elle n’était pas désagréable à écouter, tout comme la voix qui accompagnait la mélodie en chantant des paroles que Kathleen n’avait jamais entendues.

S’approchant d’un jeune homme qui lui tournait le dos, elle ne put pas le reconnaître immédiatement, au vu de la distance qui les séparait. Elle s’arrêta net lorsqu’elle se trouva à une quinzaine de mètres derrière lui : elle venait de comprendre qui était le chanteur. Thanaël Redwood. Elle serra sa mâchoire. Comment avait-elle pu apprécier quelque chose produit par ce Poufsouffle qu’elle ne portait de loin pas dans son coeur ? Sachant que le jeune homme était un Sang-de-Bourbe, il y avait de fortes chances pour que le morceau ait été inventé par un groupe de musiciens moldus.

Comme pour oublier qu’elle avait pu, l’espace d’un instant, apprécier la musique qu’elle entendait, la rousse s’empara d’une des flèches qui se trouvaient dans son carquois et l’accrocha à la corde. Elle lâcha ensuite la corde qu’elle avait tirée jusqu’à son visage et laissa la flèche filer dans les airs avant de finir sa course juste à côté de Thanaël, s’enfonçant dans une motte de terre. Quelques secondes après, elle se trouvait derrière le Poufsouffle qui avait cessé de chanter, sans doute surpris par l’arrivée du projectile. Elle se baissa pour récupérer sa flèche à la pointe argentée et déclara :

« Red, si ton but est de nous rendre tous sourds, alors continue à chanter, tu vas finir par y arriver ! »


Elle ne lui adressa pas le moindre regard. Du moins, pas tout de suite. Elle prit d’abord le temps d’observer la pointe de sa flèche pour s’assurer qu’elle n’était pas sale, puis elle la rangea parmi les autres. Baissant alors ses yeux sur le Poufsouffle qui était assis par terre, elle lança un regard dédaigneux en direction de son instrument de musique. Plongeant ensuite son regard dans le sien, elle ne lui laissa pas le temps de répliquer quoi que ce soit, se rappelant qu’elle avait en tête, depuis quelques jours déjà, une question qu’elle désirait poser au jeune homme.

« Pourquoi tu t’es interposé ? Dans le couloir ? Pourquoi tu as frappé Luka ? » 


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Sam 22 Sep - 0:27
On reste ennemis ?

"War, children. It's just a shot away !"

La flèche qui se plantait à coté de moi me faisait sursauter. Voilà que même chanter devenait dangereux ici. C'était quoi cette fois ? Un centaure aigri ne supportant que le doux son d'une flûte de pan taillée dans du bois de bonzaï irlandais ? L'anti-mélomane se faisait rapidement savoir, et je crois que je préférais encore le demi-poney plutôt qu'elle…
Je la laissais inévitablement faire part de son dédain envers mon être sans même tenter de répondre, car en plus elle ne me laissait pas le temps d'en placer une. Tu seras bientôt aussi prévisible qu'un coucou, Sherwood…


- Alors dans ce cas je ne dois pas m'arrêter ! Ce serait te rendre service, au moins tu n'entendras plus les conneries que tu raconte à longueur de journée.


L'autre sujet était plus sérieux. Plus intime en quelque sorte, puisqu'il concernait une part essentielle de notre relation : notre haine mutuelle, pas tant de la personne, mais plutôt de ce que l'autre représentait. Sang-Purs emplis de certitudes et désireux de conserver leur pouvoir acquis au fil des siècles ou né-Moldu apportant la décadence à un monde fragile. Je soutenais son regard sans sourciller. Si j'avais eu peur d'elle, de ses connaissances et de ses relations, ce n'était plus le cas depuis des années. A quoi bon la craindre, lorsque de toute façon rien ne pourra changer son avis sur moi. Je n'avais pas à avoir peur ou honte d'être moi-même ; c'était d'autant plus important que cela ne lui plaisait pas.


- Pourquoi ? J'haussais les épaules. Il était vrai que je devais compter parmi les dernières personnes que la rousse s'attendait à voir venir l'aider. Elle méritait bien une explication, ne serait-ce pour éviter que la prochaine flèche ne soit pour moi. J'ignore ce que tu as fais à son petit cœur fragile, et je m'en fous royalement, et il avait l'air d'avoir raison de se venger ; cependant il avait pas à le faire en public. Il a un problème avec toi, alors il le règle avec toi. Et pas avec la moitié de l'école. Voilà pourquoi. Je laissais passer une seconde et me décidais à compléter ma réponse. Et aussi… Reposant mes doigts sur les cordes, je finissais la série d'accords interrompue par l'arrivée subite de la flèche. Aussi parce qu'il allait te buter. Je ne t'apprécie pas, mais c'est pas une raison pour laisser l'autre énervé te massacrer. Contrairement à certains ici, je ne souhaite pas la mort des autres…


Je détournais mon attention sur le paysage. Le lac était si tranquille qu'il était impossible d'imaginer que nous avions failli y laisser notre peau. Trop tranquille justement, au point que s'en était suspect. Le vent se levait subitement et une bourrasque venait nous caresser le visage. Il n'y avait plus aucun bruit après qu'un groupe de corbeaux se soient envolés en croassant au loin dans la forêt, comme la nature savait que ce n'était pas tout et attendait que je finisse mon explication.

- Y'a une autre raison aussi. Je suis pas exceptionnellement bon en physique, mais je sais que le hauteur était trop importante et que j'aurais dû finir écrasé il y a quelques semaines. Au lieu de cela j'ai passé trois jours à l'infirmerie avec assez d'os cassés que je pouvais littéralement me plier en quatre. Et y'avait personne dans le coin à ce moment-là, personne mis à part une rouquine en haut de son escalier. Sachant ça, j'ai pas tellement réfléchi l'autre jour ; t'allais crever alors j'ai fait ce qu'il fallait. Mais ne va pas t'imaginer que je vais jouer au chevalier salvateur encore une fois. C'est mieux autant pour moi que pour toi ; parce que je suppose que selon le code de bonne conduite et des rapports sociaux des "familles honnêtes", te faire massacrer par Luka ça passe mais alors se faire aider par un Sang-de-Bourbe ça c'est une souillure sérieuse… Je plongeais à nouveau mon regard dans le sien en affichant un sourire narquois. Aller, puisque c'est un sujet qui te tiens à cœur, je ne t'en voudrais pas si ne me remercie pas pour ce coup-ci.

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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Dim 23 Sep - 18:39
On reste ennemis ?



A la première réplique du jeune homme, Kathleen dut se retenir de ne pas lever les yeux au ciel. Elle parvint à rester silencieuse, continuant de fixer inlassablement Thanaël, attendant la réponse à la question qu’elle lui avait posée. Le Poufsouffle lui demanda d’abord pourquoi, ce à quoi elle répondit par un haussement de sourcils ébahi. Etait-il sérieux ? Il osait contourner sa question en lui en balançant une autre à la tronche en guise de réponse ? Alors qu’elle ouvrit la bouche pour répliquer de manière cinglante, il reprit la parole. Sans doute avait-il comprit qu’il ferait mieux de ne pas jouer aux demeurés s’il ne voulait pas finir avec une flèche plantée dans un orifice loin d’être prévu à cet effet.

Lorsqu’il reprit la parole pour donner une première partie de réponse, Kathleen se plongea dans une réflexion qui ne se vit pas sur son visage. Elle était stoïque, mais en vérité elle regardait Thanaël sans le voir et elle ne l’écoutait plus que d’une oreille distraite. Pourquoi parlait-il du petit coeur fragile de Luka ? Croyait-il que leur querelle était due à un refus de la part de la rousse vis-à-vis de potentielles avances que le Capitaine de Quidditch lui aurait faites ? Pourquoi le Poufsouffle pensait-il à cela ? Serait-il intéressé par elle ? Au vu de leur antipathie mutuelle, cela aurait semblé très étrange. Pas impossible, mais étrange.

Cette pensée avait arraché une grimace perplexe à Kathleen. Thanaël n’avait pas pu la voir,  étant donné qu’il s’était remis à jouer de la guitare. La Préfète s’apprêtait à lui dire de cesser le supplice qu’il lui faisait vivre en jouant, mais il arrivait déjà à bout du dernier accord, se remettant ensuite à poursuivre sa réponse. Lorsqu’il détourna son regard pour admirer le paysage, la rousse resta silencieuse, sentant qu’il n’avait pas fini de répondre. Comme elle s’y attendait, il donna une dernière raison qui expliquait son intervention dans le couloir. Il replongea son regard dans le sien en concluant par une pique accompagnée d’un sourire narquois. Kathleen lâcha un petit rire cristallin avant de répliquer :

« Je te rassure, je ne comptais pas te remercier. » Un sourire amusé étira ses lèvres lorsqu’elle répliqua : « Mais c’est clair que s’il m’avait tuée, plus personne n’aurait pu te rappeler, jour après jour, à quel point tu ne mérites pas ta place ici. Je suis sûre que ça aurait fini par te manquer ! Bon, tu n’as pas servi à grand chose, mais t’as au moins essayé... Ah et... J’espère que tu as profité de ta capacité à pouvoir te plier en quatre pour tenter l’art de l’auto-fellation. »

Rien, dans les paroles de la demoiselle, ne pouvait permettre de prédire ce qui suivit. Elle posa son arc au sol, retira son carquois qu’elle mit également par terre puis elle s’installa à côté de Thanaël. Elle ne le regardait plus, gardant ainsi pour elle l’amusement qu’elle éprouvait suite à la dernière phrase qu’elle lui avait lancée. Jamais, au grand jamais, elle n’aurait osé s’exprimer ainsi devant une personne appartenant à une noble famille de sorciers. Elle profitait de n’être entendue que par des oreilles, dirait-elle, impures, pour faire part de pensées aussi décalées. La rousse avait très clairement changé au cours des vacances d’été.

« Ça s’voit que t’y connais pas grand chose, en ce qui concerne les familles de Sang-Pur. » lâcha-t-elle en le regardant du coin de ses yeux. « Ce que Luka m’a fait sera puni comme il se doit, en temps voulu. Ce que toi tu as fait, par contre... Bah... Je t’avoue que ça n’est encore jamais arrivé, donc je pense que mes parents vont juste se contenter de faire abstraction de ce détail. Hé oui ! Ton intervention passera aux oubliettes ! Sorry not sorry. »

Détachant ses yeux de ceux de son interlocuteur, Kathleen glissa son regard à l’horizon, prenant une profonde inspiration avant de fermer les yeux. Elle bascula légèrement sa tête en arrière, levant de ce fait son visage vers le ciel, et elle resta ainsi positionnée. Elle murmura presque un « Dis moi... » qui était sans doute parvenu aux oreilles du jeune homme, mais qui ne fut suivi par aucune question. Du moins, pas immédiatement. Un vague sourire vint étirer les lèvres de la demoiselle avant qu’elle ne prenne la parole pour demander sur un ton totalement détaché :

« Ça fait quoi d’être un sous-sorcier ? »


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Mar 25 Sep - 14:59
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Sa remarque sur l’auto fellation m’arrachait un sourire. Elle était totalement remise de son demi assassinat, ou en tout cas c’est ce qu’elle cherchait à faire croire. Ce serait bien typique de la Serpentard d’ailleurs… Parfait, les joutes pouvaient donc reprendre à pleine puissance.  
 
 - Je débute dans cette activité, alors j'attendais que tu viennes me montrer comment faire. À en croire l’autre taré, t’es plutôt douée dans ce domaine…  
 
Voilà qui gérait sa première pique. Qui m’avait surpris. Une telle remarque, venant d'elle… On ne voyait pas ça tous les jours. A vrai dire, on ne voyait ça jamais. Ni dans les mots, ni dans le sujet. L’impossible poupée de porcelaine était-elle en train de se dévergonder ? 
 
- C’est vrai que j’y connais rien, mais j’éprouve autant d’intérêt pour ton monde que tu en as pour le mien. Et au final tant mieux si je reste en dehors de vos histoires de malades.
 
Les yeux perdus dans le vague, fixés sur le lac, je répondais presque machinalement. Mon esprit était ailleurs, perturbé par les dites de Sherwood. Sa famille allait s’occuper de Luka, ça je n'en avais rien à faire, mais jusqu’où iraient-ils en cas de revanche ? Ils ne se gênerait sûrement pas pour attaquer des Moldus chez eux -Ce ne sont que des sous-hommes après tout -. Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, pensant assez naïvement que les sorciers régnaient leurs problèmes entre eux, mais l’incident du couloir me faisait prendre conscience que si nous étions protégés du monde extérieur à l’intérieur de Poudlard, la prétendue barrière séparant les deux mondes et le Secret n’étaient pas tant une protection contre les plus fanatiques.  
 
- En plus je suis sûr qu'il n'y a pas d'argent ou de titre à gagner pour le sauvetage d'une demoiselle en détresse n'est-ce pas ? A la rigueur une grosse claque parce qu'un impur a posé ses sales pattes sur une princesse de rang infiniment supérieur… Si c'est vraiment le cas, la prochaine fois tu te démerde. Manquerait plus que je me fasse casser la gueule pour avoir tenté de sauver un joli minois, en particulier s'il s'agit du tiens car en plus je vais rien toucher en échange.  
 
Incapable de rester sérieux plus de deux minutes, j'étais moi aussi tout à fait remis du soi-disant "accident" survenu dans les escaliers. Avec un grand sourire au milieu du visage, voilà la dose de conneries nécessaire pour contrebalancer le tas de pensée pessimistes qui venaient de me traverser l'esprit. Je me demandais parfois si je n'allait pas finir par tomber sur quelqu'un susceptible pensant qu'on ne peut pas rire de tout, une personne venant de vivre un événement traumatisant sur lequel je viendrais faire une blague. Ce jour-là je vais probablement me faire casser le nez (et c'est un minimum) mais quand on est trop bête pour arrêter de faire l'idiot, mieux rester soi-même.
Je posais le manche de la guitare sur mon épaule et tournais mon attention sur la rousse. Assise sur l’herbe à côté de moi, un nouveau aurait ou nous prendre pour des amis tant qu’il restait hors de portée de voix. Je commençais à penser qu’elle avait reçu un coup sur la tête un peu trop fort. Où était donc passé son éducation supérieure ? 

 

- Ce que ça fait ? Je riais. Eh bien c'est la liberté. Je ne suis pas tenu de respecter des codes bizarres, de ne pas faire honte à mon nom ou je ne sais quelle autre connerie dans le genre, je passe pour un type hyper cool à la maison en utilisant un sort aussi simple que Lumos et surtout j'emmerde une certaine catégorie de personnes par ma seule existence. Ce qui est un pur délice, crois-moi. Mais toi alors, on est pas un peu à l'étroit dans un esprit aussi étriqué que le tien ? 

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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Mer 26 Sep - 16:38
On reste ennemis ?



Kathleen avait rouvert ses paupières lorsque son interlocuteur s’était mis à rire. Elle lui lança un bref regard en coin avant de se mettre à observer l’horizon. Poudlard était vraiment situé dans un endroit magnifique. Prenant une profonde inspiration, comme pour purifier son être, elle expira après avoir gardé un instant l’air dans ses poumons.

« Oh, tu sais... Oz parle sans savoir, mais si tu veux, j’ai quelques noms à te refiler de gens qui pourraient te faire part de la réelle étendue de mes capacités dans ce domaine. Et sinon... Le fait d’apprendre que tu es un novice ne m’étonnes même pas. »

Disait-elle cela dans le sens où elle soupçonnait Thanaël d’être vierge, ou déclarait-elle simplement qu’elle n’était pas étonnée d’apprendre qu’il ne s’intéressait pas aux hommes et qu’il n’avait, par conséquent, jamais pratiqué l’art qu’elle avait mentionné ? Il était complexe de trancher entre les deux en se basant uniquement sur le visage de la demoiselle.

« Mais rêve pas, Red, c’est pas moi qui vais t’y initier. Du moins, pas sobre. Et c’est clair que tu n’as pas ta place dans mon monde. J’sais déjà pas ce que tu fous dans cette école, donc c’est pas moi qui vais te contredire. »

Kathleen ne pouvait pas s’empêcher de lancer des piques au Poufsouffle. C’était ainsi que leur relation fonctionnait : ils s’attaquaient mutuellement et à tour de rôle. Ils ne pouvaient pas se supporter l’un l’autre, mais il semblait pourtant que, ce jour-là, ils aient opté pour des insultes mutuelles à peine voilées, ce qui pouvait donner l’impression, de loin, qu’ils s’entendaient bien.

« Sinon... On n’est pas du genre à claquer les impurs pour si peu... Disons plutôt qu’on vous considère comme... Oui, des objets. On vous utilise quand on a besoin de vous, et une fois que vous devenez inutile, on vous renvoie dans votre niche. Par contre, c’est clair que si vous nous respectez pas, vous prenez cher. C’est la dure loi du plus fort ! Et vu que vous êtes clairement inférieurs bah... Vous ramassez. C’est la vie ! Donc bon, tout ça pour dire que le fait que tu sois intervenu ne te sera pas reproché. Ça sera juste ignoré. »

La rousse avait senti le regard de Thanaël peser sur elle. Elle avait donc détaché ses yeux de l’horizon pour les glisser sur le jeune homme. Elle ne l’avait que rarement vu de si près. Quelques centimètres les séparaient ; ils ne se touchaient donc pas. C’était comme si une frontière invisible se trouvait entre eux : une frontière qui ne pouvait être brisée que par un geste, et non pas par les mots.

« Ces codes n’ont rien de bizarre. » répliqua-t-elle en haussant les épaules. « Du moins, pas quand tu as toujours vécu en les respectant. Par contre... Tu sais que tu n’as pas le droit de faire usage de la magie en dehors du cadre scolaire, mh ? Je te le dis, pas que tu te sentes pousser des ailes lors de tes prochaines vacances, mais lancer un sort en dehors de l’enceinte de Poudlard dans un lieu fréquenté par des moldus avant ta majorité peut mener à des sanctions pénales. En fait, j’aurais même pas dû te le dire. J’aurais dû te laisser découvrir ça par toi-même, en espérant que tu prennes cher. Tu vois, c’est pour ce genre de choses que des moldus ne devraient pas mettre au monde des enfants capable de faire de la magie ! Vous êtes complètement à côté de la plaque. »

Elle semblait être terriblement sincère dans ce qu’elle disait... Pouvait-on cependant lui en vouloir de voir les choses ainsi ? Elle avait grandi dans un environnement qui ne pouvait que la pousser à ressentir une rancoeur et un dégoût injustifiés envers les sorciers au sang « impur ». Plissant ses yeux, elle observa le jeune homme comme s’il s’agissait d’un animal enfermé dans une cage de zoo.

« Et ne te mets pas à critiquer ma façon de voir les choses, ou je pourrais très clairement me mettre à regretter d’avoir stoppé ta chute... D’ailleurs, la prochaine fois que ça arrive, ne compte pas sur moi pour sauver tes fesses. T’aurais clairement mérité d’atterrir sur le sol à pleine vitesse après ce que tu m’as dit et fait... Je suis bien trop gentille de t’avoir fait ralentir ! Trop gentille ou... Trop humaine. » lâcha-t-elle en murmurant presque, comme si elle s’adressait plus à elle-même qu’à Thanaël.


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Ven 28 Sep - 14:05
On reste ennemis ?


- Novice en certaines choses oui. Et en d'autres non. Force est de constater que tu parles beaucoup de coucher sans vraiment dire quoi que soit. Le blabla de ton copain Serpentard, des gens sans nom et de la provoc de façade… Tu sais de quoi tu parles au moins ? Ou est-ce que ça rentre dans le script de ton rôle, petite chose de craie ? Le doute est permis… J'allais peut-être bien finir par l'énerver pour de bon. Mais… cela faisait parti du jeu non ? L'un comme l'autre n'étions plus à une pique près et je pensais ne rien risquer, après tout la rousse était connue pour être patiente -un vrai prédateur- et elle devait avoir l'habitude que l'attaque vienne de moi. Je devais juste éviter le contact physique ; la dernière fois j'étais descendu de plus de trente mètres, et puisque j'étais assis à même le sol je n'avais envie de vérifier la présence de pétrole sous Poudlard la tête la première…  


  - Tu ne vas pas m'y initier en étant sobre… Eh bien Parfait. Si c'est le seul problème, on a qu'à se retrouver aux vacances. Amène ton cul, et je m'occupe des bouteilles. Précise si bien-sûr il faut désinfecter le goulot à chaque fois que tu l'empoigne, histoire de prévoir le gel.


Nos regards s'étaient croisés à nouveau. Je la regardais avec insistance, comme pour lui faire comprendre l'absurdité de ses propos. Utiliser les gens comme des choses ? Mais dans quel monde vivait-elle ? Dans quel monde vivaient-ils ? L'Ancien Régime était mort dans les flammes des révolutions, mais ils semblaient l'avoir oublié…


- Des objets ? Le ricanement qui s'échappait d'entre mes lèvres était… Amusé ? Dépité ? Triste ou plein de colère ? Je ne le savais même pas. Plus j'en apprenais sur Kathleen et sa famille et plus je m'attendais au pire, pourtant ils me surprenaient un peu plus à chaque fois. L'humour, me disait une petite voix dans ma tête. L'humour est la réponse. Toujours. Bande d'enfants gâtés, on vous a jamais appris à ne pas jeter un jouet en état de marche ? Mais du coup… Lorsque l'un de nous est plus fort que vous, il gagne donc le droit de vous casser la gueule. Intéressant, même si ça pousse un peu à prendre spé Magie Noire pour l'orientation. Faut bien occuper les Aurors je suppose…


"Ces codes n’ont rien de bizarre. Du moins, pas quand tu as toujours vécu en les respectant." Voilà justement le problème. S'ils sont bizarres -et ils l'étaient- c'est que peut-être quelque chose ne va pas avec eux… Mais comment le faire comprendre à quelqu'un qui ne vit que par eux ? C'est remettre toute sa vie en question, et les humains sont assez mauvais à ce sport… Mauvais, et souvent violents lorsque confrontés à la réalité. Je décidais donc de ne pas insister. Y aller à petites doses de façon régulière serait probablement plus productif que de la forcer à ouvrir les yeux.


- Ouais, c'est sûr que ma cave est très fréquentée ! Mon dieu, je vais devoir aller exterminer les araignées avant qu'elles ne racontent tout à leur grand Overlord ! Nous sommes faits ! Le monde est sûrement déjà au courant, les Moldus distribuent fourches et torches afin d'en finir avec nos maléfiques sortilèges ! Je me levais et parlais plus fort, me mettant presque à crier, en gesticulant des mains comme si j'haranguais une foule. L'Apocalypse est sur nous ! Fuyez pauvres fous ! Ou pas. Tout retombait lors de la chute : mes bras, ma voix et moi-même, qui retournais m'assoir d'où je venais avant finalement m'allonger dans l'herbe, la guitare d'un côté et Kathleen de l'autre. C'est vrai que je suis tellement à coté de la plaque que je ne suis pas capable de faire attention. C'est vrai que le monde Moldu m'est inconnu et que j'y suis complètement perdu, que je ne sais rien faire sans magie dès que je sors de chez moi. Désolé, j'y penserai la prochaine fois. Je tournais la tête vers elle et captais de nouveau son regard. Et pour ton savoir personnel : on ne choisit pas de naître doué de magie. Pardon d'être comme chaque sorcier : issu de Moldus.


Et bam, argument choc. J'avais pas dis que j'arrêtais pour aujourd'hui ?


- Je ne permettrais jamais de critiquer votre altesse ! C'est à peine si j'oppose nos points de vue afin de bénéficier au débat sociétal… Elle avait raison. J'avais cherché la merde ce jour-là, et je l'avais bien trouvé en retour, mais elle m'avait quand-même aidé. Je ne pouvais dire si j'aurais fait la même chose à sa place… Je veux dire bien sûr que je l'aurais sauvée en temps normal, mais sous l'effet de la colère ? Elle avait vraiment été humaine, comme elle venait de le dire. Mais oui, j'aurais pleinement mérité de finir aplati. Et je n'ai toujours pas compris pourquoi tu m'as ralenti. Mais tu l'as fait. Peut-être que n'es pas aussi… Étriquée et renfermée que ce que je croyais. Comme si… Comme si la personnalité prenait le pas sur l'éducation. Comme si tu n'étais pas ce que tu crois être, Kathleen Sherwood. 


Cette dernière pensée me faisait sourire ; et pour une rare fois en présence de la rouquine, il était sincère. 

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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Dim 30 Sep - 1:02
On reste ennemis ?



« Doute si tu veux, Red, mais la finalité reste la même : je sais parfaitement de quoi je parle. Et jamais je ne goûterai à ton alcool qui doit sans aucun doute être de premier prix... Donc désinfecter le goulot : non, mais tu ne me feras pas boire ta piquette. Je te ferai goûter à du véritable alcool, une fois ; celui que tu ne pourras jamais t’offrir. Une seule bouteille doit sans doute coûter plus que le loyer payé par tes parents ! Et cesse de m’appeler petite chose de craie... »

A Poudlard, les élèves avaient beau porter l’uniforme scolaire durant les cours, il était très facile de voir quel élève venait d’une famille riche et quel élève n’avait pas cette chance. Il suffisait de voir les chaussures à leurs pieds ou les vêtements qu’ils portaient après les cours et le week-end. Kathleen faisait partie des élèves qui portaient des vêtements et des chaussures de marques inventés par des créateurs sorciers. Les tenues permettaient aussi, la plupart du temps, d’identifier les sorciers qui avaient été élevés dans la tradition des Sangs-Purs et ceux de familles moldues ou de Sang-Mêlé. Les jeune filles qui, comme la rousse, avaient reçu une « bonne éducation », comme elle dirait, ne portaient que des robes et les jeunes hommes, quant à eux, portaient rarement autre chose que des pantalons longs et des chemises ou des polos.

« Ça fait longtemps que vous n’êtes plus en état de marche. » lâcha-t-elle dans un sourire en réponse à ce que lui avait dit le Poufsouffle. « Je te l’ai déjà dit, vous êtes des erreurs de fabrication. Ce qui fait qu’il est très rare que l’un d’entre vous nous arrive à la cheville... Pour ne pas dire impossible. »

En tentant de se représenter mentalement ce à quoi pouvait ressembler en terme animalier un né-moldu face à un sorcier, Kathleen ne put que voir un petit caniche aboyer au pied d’un dragon. Oui. C’était ça : les pseudos-sorciers qu’étaient les nés-moldus n’étaient au final rien de plus que des clébards tentant de paraître méchants face à animal bien plus terrifiant qu’ils ne sauraient jamais l’être. Un sourire mi-amusé mi-moqueur vint se dessiner sur les lèvres rosées de la Préfète qui ne pouvait s’empêcher de défier du regard son interlocuteur. Lorsque ce dernier parti dans un délire où il était question de sa cave, d’araignées, de fourches et d’apocalypse, Kathleen n’avait que plissé ses yeux clairs, regardant le spectacle sans broncher. Etait-il sérieux ? Elle se contenta de lever les yeux au ciel et le suivit du regard, l’écoutant dire qu’ils descendaient tous des moldus.

« Qu’est-ce que t’en sais qu’on descend tous des moldus, mh ? T’y étais ? Si ça se trouve, la distinction des faibles, vous, et des forts, nous, se fait depuis la nuit des temps ! C’est même possible qu’il fut un temps où les êtres dépourvus de magie étaient ceux qui se cachaient des sorciers ! Bref. Tout ça pour dire que tu n’en sais absolument rien, alors cesse d’avancer des conneries pareilles. » Sur ce, elle se leva et s’empara de son arc et d’une flèche. Armant son arc, elle plongea son regard dans celui de Thanaël et poursuivit : « Si ça te rassure, je ne comprends pas moi-même pour quelle raison je t’ai épargné. Une erreur de parcours, j’imagine... Ou alors je ne voulais pas que l’un des premiers sangs à recouvrir mes mains soit aussi impur que le tien. »

En lâchant cette phrase qui semblait être des plus sincères, elle fit partir la flèche qui fonça droit vers un tronc d’arbre. Elle avait tiré sans quitter le brun des yeux. La flèche se planta dans l’arbre, non sans traverser en son centre une feuille morte en train de tomber qui était à mi-chemin entre la branche qu’elle venait de quitter et le sol. Détachant son regard de Thanaël, elle parcourut la quinzaine de mètres qui la séparait de l’arbre et décrocha la flèche, observant un instant la grosse feuille rouge qu’elle aurait tuée si elle avait été vivante. Retournant auprès de son camarade, elle posa son arc au sol et retira la feuille de sa flèche, la laissant volontairement tomber sur le torse de l’élève allongé. Se réinstallant à ses côtés, elle ne put s’empêcher de lui demander en le regardant du coin de ses yeux verts :

« Comme si quoi, Red ? »


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Lun 1 Oct - 16:46
On reste ennemis ?



- C'est pourtant bien ce que tu es non ? Pas bien grande et pâle, mais pas friable je te l'accorde. Alors disons de la porcelaine plutôt que de la craie ? Et depuis quand le prix de la bouteille est-il proportionnel à sa qualité ? Quand le but est de finir aussi rond qu'un chaudron, le "moyen" et le "mauvais" suffisent largement. Mais c'est sûr que c'est moins mondain. Ceci dit, je ne refuse jamais une bonne bouteille, surtout quand elle proposée aussi gentiment.


Mon regard en coin et le sourire narquois qui l'accompagnait en disaient long. Maintenant que c'était dit, elle n'allait quand même pas reculer ! Son offre avait des allures de promesse, et qui oserait ne pas tenir sa promesse ? Certainement pas une jeune fille de bonne famille…


- Comment je le sais ? Il suffit de faire marcher sa tête : les Moldus donnent naissance à des sorciers, et pas le contraire. Et avec ce constat, on peut aussi prédire qu'un jour il n'y aura plus de Moldus, mais que des sorciers. Mais tu ne seras plus là pour le voir, rassures toi. Et puisque vous êtes si doués que ça, vous les fameux "êtres supérieurs", pourquoi vous n'avez toujours pas résolu le problème qui vous dérange tant ? Quand une machine fabrique des produits parfois défectueux, on la répare… Mais peut-être que c'est une tâche trop sale pour vos mains si propres. Ou juste trop compliquée pour des gens pas si forts que ça.
 
La savoir avec son arc à la main n'était pas spécialement rassurant, mais je savais que je n'avais aucune raison d'avoir peur. Du moins, pas vraiment… Elle avait déjà eu l'occasion de me tuer par le passé et n'était jamais passée à l'acte, alors il y avait donc de faibles chances que je finisse embroché par un trait à la pointe argentée. Mais c'était bien de Kathleen dont il s'agissait, et je la voyais très bien capable de serrer la main à quelqu'un tout en lui plantant un poignard dans le thorax, avec ses yeux fixés dans ceux de la victime et un joli sourire aux lèvres. Et puisque les flèches perdues tendaient à avoir un effet plutôt nocif sur le corps humain, je gardais un œil sur la rousse.  


- C'est impossible d'être meilleur que vous, et c'est pour ça que je compte bien le faire. Il me reste deux ans pour te battre Sherwood, et il peut se passer beaucoup de choses en deux ans…


Jamais ne n'arrêtais de la défier. De les défier. Je m'étais juré cela après seulement quelques mois à Poudlard lors de la première année. Son comportement et celui, similaire, d'autres enfants de grandes familles me faisais réagir avec le même effet qu'un aimant : plus on y mettait de force et plus j'allais en repousser.
Sa flèche partait au loin, et vu le bruit qui en revenait avait dû se planter dans un arbre et non dans une personne. A moins que la personne en question n'aie la peau très dure bien sûr. Ou alors… Un Ent ? La Serpentard s'en allait après la flèche, j'en déduisais qu'elle allait récupérer le projectile. A deux doigts de lui faire remarquer que les Moldus, dans toute leur ingéniosité, utilisaient les armes à feu depuis quelques siècles et qu'en plus les cartouches étaient désormais biodégradables mais je retenais le sarcasme. Elle était de nouveau armée et venait de prouver qu'elle venait de tirer plus loin que ses pieds. Une fois revenue vers moi, elle retirait une pauvre feuille de la pointe de sa flèche et la laissait tomber sur moi. La regardant finir doucement sa course sur mon torse, je la prenais entre mes doigts lorsqu'elle se fut posée. Avec ses bords arrondis et sa couleur rouge, on aurait presque dit un cœur. Que la rousse venait de transpercer d'une flèche impitoyable. Il n'y avait que deux personnes qui faisaient ça. Alors Kathleen, plutôt Cupidon ou assassine ? Connaissant la demoiselle, j'aurais penché en faveur de criminelle lunatique et psychopathe. A moins bien sûr de croire aux miracles…
J'avais eu le temps de réfléchir quelques secondes lorsqu'elle était éloignée, et je décidais de ne pas répondre à sa dernière question. Du moins, pas entièrement.




- Je n'argumenterai pas plus. Nous sommes tout deux persuadés que notre monde est meilleur que celui de l'autre, et en discuter pendant des heures ne servirait à rien alors je vais m'en tenir à ce que je sais. Je suis né libre. Libre de faire ce que je veux, sans avoir à tenir compte d'un statut social, de mon nom de famille ou des traditions. Libre d'exister et d'être moi-même sans limites ou conventions.  Je suis né ainsi, et je mourrai ainsi. Déteste-moi de toute ta haine si ça te chante, mais cela ne me changera pas. Ce qui pour toi est ordre et bon sens ne sont pour moi que bêtises anachroniques sans lieu d'être. Je ne crois pas que l'on puisse être heureux avec la vie que tu as, mais après tout ce n'est pas moi qui en subis les effets. Je pense aussi que tu ne l'as pas choisie et tu la refuse plus que tu ne veuilles bien le dire. Tu ne m'as pas laissé crever, et c'est pas par amitié. T'es meilleure que ce que tu montres Sherwood. Tu t'en fous, et ça doit même bien te faire chier, mais c'est comme ça. Voilà le sens de mon "comme si".

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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Sam 6 Oct - 10:54
On reste ennemis ?


« Du coup, si je suis ton raisonnement, étant donné que tu es aussi con qu’un manche à balais, j’devrais t’appeler Nimbus, c’est ça ? Et, personnellement, je préfère finir ronde sans avoir à me soucier des effets secondaires bien trop prononcés qu’offrent les bouteilles de basse qualité. J’en suis navrée si tu trouves ce raisonnement trop mondain, comme tu dis... Quoi qu’en fait, non, je n’en suis pas navrée ; je m’en fiche pas bien mal, à vrai dire ! »

Kathleen avait eu l’occasion, durant ses dernières vacances, de goûter à divers alcools. La première bouteille qu’elle avait bue était, elle en avait honte aujourd’hui, de bien piètre qualité, car elle se l’était procurée dans un commerce qui ne prêtait guère attention à l’âge de ses clients. Les alcools qu’elle avait bus après celui-ci étaient bien mieux choisis et empruntés avec plus ou moins de subtilité dans la réserve personnelle de William. Quinze ans, c’était peut-être un peu tôt, aux yeux de certains, pour se mettre à boire, mais le fait était que, lors de grandes fêtes, Kathleen buvait, depuis qu’elle était âgée de 9 ans, du vin. Alors certes, ses parents le coupaient avec de l’eau comme s’il s’agissait d’un sirop, mais la finalité restait la même ; la rousse aimait ça.

« Une fois de plus, tu es à côté de tes pompes, mon cher. Bien sûr que certains sorciers mettent au monde des enfants dépourvus de pouvoirs magiques ! Alors certes, on ne les appelle pas « moldus », mais avec un terme qui leur correspond tout de même pas mal bien... Ce sont des Cracmols. Et sinon, pour en revenir à ce que tu as dit, on est pas mal à essayer de résoudre le problème, mais pas assez nombreux, apparemment, vu que vous êtes toujours là. Le plus compliqué, ce n’est pas tant de vous éradiquer, mais plutôt de convaincre les récalcitrants qu’il s’agit-là de la meilleure des choses à faire... »

Il était vrai que Kathleen Sherwood donnait l’impression qu’elle était simplement en train de déconner, mais qu’elle tentait de faire passer pour vrai ce qu’elle déblatérait. Encore fallait-il savoir si c’était ce qu’elle cherchait à faire : seulement donner l’impression qu’elle était réellement aussi étroite d’esprit, ou si elle l’était réellement. La rousse était définitivement une jeune demoiselle bien complexe à comprendre, pour ne pas dire insaisissable. Elle était très amusée par la situation, car elle voyait bien au fond des yeux de son camarade que ce dernier la gardait à l’oeil depuis qu’elle s’était emparée de son arc, la surveillant comme s’il la soupçonnait d’être sur le point de céder à la tentation de le percer grâce à une simple pointe argentée.

« C’est vrai qu’il peut se passer beaucoup de choses, en deux ans, mais s’il y a bien un événement qui n’aura jamais lieu, c’est bel et bien toi qui me surpasses dans un domaine magique ou dans l’autre. Tu es un sous-sorcier, Red, faut-il vraiment que je te le rappelle ? Alors certes, tu n’es pas affreux à regarder et il y a de fortes chances que la désinhibition qui sera due à l’alcool que l’on boira ensemble, si ce jour arrive, me mène à mettre de côté ton impureté sanguine pour quelques instants de relâchement, mais tu es et resteras inférieur à moi, et ce, quoi qu’il arrive. »


Kathleen n’avait pas coupé Thanaël lorsque celui-ci s’était mis à lui expliquer ce qu’il s’était retenu de dire. Il parla de liberté, de bonheur et présenta l’hypothèse selon laquelle la rousse était peut-être, au fond, inconsciemment réticente face à certaines des valeurs qu’elle défendait pourtant avec ardeur. Toujours assise à côté de son camarade, elle avait détaché ses yeux de lui pour les fixer devant elle, n’observant rien de son regard vide. Lorsqu’elle sortit de son état léthargique pour réfléchir à ce qu’il lui avait dit, elle se mordit l’intérieur de ses joues. Elle ne lui donnerait pas raison. Non. Il avait tort. Comme pour échapper à la discussion -et peut-être à la vérité déplaisante qui venait de lui être mise sous le nez- Kathleen se releva et répliqua :

« Bon, c’est pas tout ça, mais je suis sortie pour m’entrainer, moi, pas pour parler avec un blaireau égaré. » Elle se pencha pour ramasser son arc et son carquois puis se redressa, tournant déjà les talons pour s’en aller. Elle lança par dessus son épaule : « Oh et... Pour cette histoire de soirée alcoolisée ; on en reparlera. » Sans lui dire au revoir, elle détourna sa tête et rabattit sa capuche rouge sur sa chevelure de feu. Si Thanaël la suivait, pour une raison ou pour une autre, ou s’il la retenait pour lui balancer quelques gentillesses de plus en pleine tronche, elle ne pourrait pas y faire grand chose...


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Sam 6 Oct - 23:09
On reste ennemis ?


- Bah écoutes… Y'a sûrement pire comme surnom ; et puis je passe quand même beaucoup de temps sur un balai. Cependant t'as raison sur un point : con et borné résument bien ce Poufsouffle. Mais c'est pour ça qu'on m'aime… Quand aux effets secondaires des mauvaises bouteilles, ça fait leur charme. T'espère vivre longtemps ou bien ? Je veux bien admettre que le réveil est plus agréable avec du bon que du mauvais, mais ça ne dure qu'une journée.

Car oui, j'avais commencé à faire la fête et boire jusqu'à la déraison. J'étais resté en contact avec les amis de mon quartier, et l'un d'entre nous s'était retrouvé privé de vacances. Comment aurions-nous pu le laisser seul à la maison ? Si l'idée de la soirée avait été presque instinctive, se procurer de quoi se rendre ivre avait failli poser un problème. Personne n'était en âge de se procurer de l'alcool, et j'aurai préféré ne pas utiliser de sort de confusion pour parvenir à nos fins. Pour eux, j'étais inscris dans un collège en Écosse pour des raisons d'éducation longues à expliquer et je faisais de mon mieux pour éviter le sujet ; mais j'avais une explication en béton à fournir s'ils devaient être vraiment insistants. Le problème était cependant contourné grâce à la technologie : puisqu'une caissière trouverait suspect un groupe de gamins visiblement trop petits, il avait suffi de passer à une caisse automatique. Celui qui passait pour le plus vieux y était allé en essayant de rester crédible, et tout c'était bien passé. A croire que personne ne se souciait vraiment de savoir si oui ou non nous étions majeurs. Ça ou nous avions eu beaucoup de chance. L'argent avait été dépensé sans trop savoir la qualité des bouteilles… Et si la première soirée avait été animée, celle du lendemain avait été épique. Le manque de boisson fut résolu en visitant la réserve de la maison de notre hôte, qui avait assuré que c'était possible. Nous apprenions deux semaines plus tard que non, ses parents n'étaient pas vraiment pour. Pas du tout même. Et qu'ils étaient particulièrement remontés contre l'énergumène qui avait vomi sur le tapis et cassé le canapé. Je m'attendais à un tirage de bretelles plus violent qu'à l'accoutumée, mais il fut au contraire assez relaxé. Presque sympa. Mes parents semblaient ravis de savoir que la bande de potes commençaient à sortir, et tant que personne ne finissait en coma éthylique ils n'y voyaient aucun problème -ils avaient l'un comme l'autre marre de soigner ce genre de shutdown mental au boulot-. Tout comme ceux de notre ami, qui avaient hurlés pour la forme plutôt que pour nous interdire l'accès à leur domicile pour de bon.  

- Mais aussi dépourvus de pouvoirs qu'ils soient, les Cracmols restent sensibles aux phénomènes magiques non ? Ils ne peuvent faire de la magie, mais ne sont pas aussi purs que les Moldus. Ils sont le chainon manquant qui ne peut pas vivre aussi paisiblement qu'un Moldu et ne peut pas se défendre comme un sorcier. Alors quitte à attaquer quelqu'un, pourquoi ne pas s'en prendre aux vraies erreurs ?

C'est qu'elle était sérieuse en parlant de cuite en plus ! Je n'allais pas m'en plaindre, au grand jamais, mais venant de sa part… La possibilité de mettre de coté mon "impureté sanguine" détruisait complètement son discours précédent, et montrait bien le fond de sa pensée. Elle était maligne et parfaitement capable de dissimuler son opinion, mais j'avais gratté le vernis suffisamment profondément pour entrevoir légèrement la vrai Kate. Celle qui n'en faisait qu'à sa tête et vivait comme elle le voulait. Et je dois dire que c'était très prometteur.

- Un sous-sorcier qui va te mettre une misère aux BUSE. Mais ça tu va t'en rendre compte à la fin de l'année. Un inférieur qui se fera un plaisir de te désinhiber juste pour voir le résultat…  

Dire que cet examen m'inquiétait était un euphémisme. Je pensais sérieusement abandonner certaines matières pour me concentrer sur les autres, mais je devais encore trouver l'orientation qui m'intéressait et agir en conséquence. Alors que j'avais gardé le regard fixé sur les nuages pendant tout ce temps, je tournais la tête en direction de la fille de chez Serpentard et lui adressais un sourire aussi grand que sarcastique. Elle récupérait ses affaires au même moment et esquissait quelques pas dans la direction opposée. J'allais la laisser partir et reprendre le cours de mon après-midi là où je l'avais laissé, lorsque je décidais qu'en fait non. Cette facette de Kathleen était inconnue et mystérieuse. Je voulais en savoir plus. Je devais la connaître.

- Hé attends ! Je me remettais sur mes pieds aussi vite que possible et réduisais la distance qui nous séparait en portant à la hauteur de la rousse. La guitare sur l'épaule, je la suivais désormais. Je veux m'assurer que ton champ de tir sera assez près de moi pour tu n'entende pas le doux gazouillis des oiseaux, mais plutôt l'infâme son de ma guitare. Je m'en voudrais d'utiliser Sonorus et d'embêter des personnes innocentes… Et en plus, je suis sûr que je tire mieux que toi. Sauf si bien sûr tu ne vise que les blaireaux égarés… Quant à la soirée alcoolisée, je te corrige : on ne va pas en parler, on va la faire.

Si l'affirmation à propos de ma précision était un bluff pur et dur (je n'avais tiré à l'arc que deux fois dans ma vie, certes en me débrouillant assez bien mais il s'était écoulé quelques années depuis), elle cachait néanmoins une réelle envie de passer du temps avec Sherwood. Vous savez, quand deux personnes sont si diamétralement opposées qu'elles ne peuvent plus se passer l'une de l'autre ? C'était ça. Enfin juste un peu. Soyons réalistes, je la détestais pour ses opinions et n'allais certainement jamais passer du bon temps avec elle, mais il y avait quelque chose de ressourçant à nous disputer. Comme si passer la moitié de mon temps à m'engueuler avec Kathleen me faisais me sentir aussi vivant qu'une course sous la tempête. Comme si sans un contraire exacerbé, je cessais d'exister.  

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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Ven 19 Oct - 17:46
On reste ennemis ?


Kathleen, en entendant que Thanaël voulait la suivre, arma son arc et se retourna vivement, empêchant ainsi le jeune homme d'avancer plus, sous risque d'enfoncer dans son torse la pointe argentée de la flèche qui le maintenait loin d'elle. Tout s'était passé vite... Bien trop vite. A deux semaines près, la rousse l'aurait embroché sans attendre. Cependant, la sorcière était, ce jour-là, lunée d'une manière que l'on pouvait qualifier de neutre. Pour cette raison, et uniquement pour cette raison, elle abaissa lentement son arme, non sans frôler le torse du Poufsouffle, et elle lui lança :

"T'approches pas trop près, tu risquerais de te faire mal."

Faisait-elle-là uniquement référence à la flèche ou parlait-elle également, voire uniquement, d'elle ? On aurait pu croire que c'était sa manière à elle de garder le brun loin d'elle, tant sur le plan physique que sur tous les autres plans. Si elle se comportait ainsi avec tout le monde, il n'était pas étonnant qu'elle n'ait personne vers qui se retourner. Même avec sa cousine, les choses étaient compliquées : alors qui se risquerait à s'approcher d'elle, ou pire, à se mettre à apprécier sa compagnie ?

"Suis-moi et chante si t'en as envie ; j'ai déjà subi torture plus insupportable."

Etait-ce sa façon à elle de dire à Thanaël qu'elle appréciait, peut-être, au final, l'entendre chanter plus qu'elle ne l'avait fait comprendre au début de leur échange ? Possible. Quoiqu'il en soit, elle avait fait référence aux méthodes d'éducation parfois douteuses qu'avaient employées ses parents pour l'éduquer, et même si elle n'avait pas donné plus de détails les concernant, il était très facile de s'imaginer ce qu'elle avait pu subir lorsqu'on connaissait ne serait-ce qu'un peu les pratiques des familles sorcières de Sang-Pur.

Faisant volte-face, elle rangea la flèche qu'elle avait sortie du carquois avec dextérité puis elle poursuivit son chemin, se rendant parfaitement compte que son camarade la suivait. Elle ressassa les paroles que le jaune et noir avait dites juste avant qu'elle ne se retourne brusquement. Plus elle pensait à la perspective de revoir le Poufsouffle en dehors de Poudlard, moins cela la gênait. Son être tout entier la répugnait toujours, mais... Il y avait quelque chose d'excitant dans le fait de braver un interdit qui lui avait été imposé dès sa plus jeune enfance.

"Tiens. Vise le Saule."

Elle s'était arrêtée net, sans prévenir, puis elle avait tendu son arc vers Thanaël ainsi qu'une flèche. Kathleen ne le regardait d'abord pas, lui tendant les objets et restant immobile, puis en se rendant compte qu'il ne s'en emparait pas, elle glissa son regard sur lui, l'observant du coin de ses yeux. D'un haussement de sourcils, elle l'invitait à s'activer. Elle ne l'aiderait pas pour le premier lancer de flèche, mais si sa posture était vraiment trop catastrophique, il y avait de fortes chances pour qu'elle lui montre la manière dont il devait se positionner...


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Sam 20 Oct - 3:39
On reste ennemis ?


*Wow wow ! On se calme Robin des bois !* Je me retrouvais soudainement avec une pointe de flèche contre le torse et m'arrêtais net en réussissant à taire mon exclamation avec de grands efforts. Voilà qui indiquait clairement l'espace vital de Kathleen qu'il ne fallait pas franchir, et je n'y voyais aucun problème, cependant je sentais très clairement la pointe argentée commencer à trembler à travers le tissu de la chemise. Peut-être que c'était le moment pour une approche plus diplomatique ; manque de chance, c'était justement celle que je maitrisais le moins… Il allait pourtant bien falloir essayer -et réussir- si je ne voulais pas finir en brochette pour la bestiole magique et hautement carnivore qui devait certainement garder la cave du donjon de la rousse, le jardin de sa maison, les bouteilles d'alcool de son père, le palier de sa bibliothèque interdite ou même sa réserve de ceinture de chasteté. Ou quoi que ce soit d'autre qui nécessitait un tel gardien. Car il était évident que sa famille devait posséder un truc plein de dents pour faire disparaître les preuves et les indésirables ; après tout le méchant du film a toujours un banc de piranhas à portée de main, non ?
La main gauche tenant toujours fermement la guitare en place sur mon épaule, j'ouvrais doucement la droite en signe d'apaisement. Doucement Sherwood, c'est pas encore la saison du Poufsouffle… Et en plus c'est une espèce protégée.

"T'approches pas trop près, tu risquerais de te faire mal."
Elle est marrante la préfète, c'est facile de donner des conseils quand on est du bon coté du fusil. Enfin de la flèche dans mon cas. Surtout qu'en plus elle avait les moyens de gâcher de l'argent, littéralement, pour en faire des armes. Les pointes en acier ou en carbone devaient ne pas être suffisamment convenable pour quelqu'un de son rang…  La réaction logique aurait été de m'enfuir dans la direction opposée en faisant des zigzags, des roulades et des plongeons derrière chaque arbre, pierre et motte de terre juste au cas où la rousse se décide à s'entrainer au tir sur cible mouvante ; mais au contraire je restais à coté d'elle, comme un papillon attiré par une lumière en pleine nuit. Un papillon trop con pour s'apercevoir que cette même lumière va le tuer…
Je la laissais abaisser son arme en affichant un grand sourire, qui aurait pu faire croire que j'étais heureux d'être là. Alors j'étais certes très heureux d'être toujours en vie et entier, mais il y avait quelque chose de plus à cela. A ma connaissance, la dernière personne à s'être retrouvée aussi près de Kathleen avait été le fameux Luka Oz, lors de la non moins célèbre demi tentative de meurtre à la sortie d'un cours de sortilèges (ce qui expliquait peut-être en partie le fait que la demoiselle soit sortie armée…) et il y avait quelque chose d'étrange à être parmi les personnes qu'elle côtoyait le plus. Car par l'ironie la plus totale, à force de se chercher des noises à longueur de temps, nous passions pas mal de temps ensemble. On ne cherchait pas la compagnie de l'autre, bien au contraire, mais le résultat final était que je devais être une des personnes qu'elle voyait en moyenne le plus souvent dans la semaine.

Je la suivais donc, puisqu'elle m'avait invité à le faire. Enfin c'est ce que j'avais déduis de son commentaire, car elle n'avait pas clairement spécifié qu'elle me tuerait si la suivait. Je pouvais donc le faire sans trop craindre pour ma vie. Et puisqu'en plus je pouvais chanter sans me faire écarteler avec mes propres cordes vocales, je comptais bien en profiter. Je trouvais un bon morceau après avoir marché quelques pas, et dégainais ma guitare pour jouer Bad Moon Rising. Les oiseaux devaient se tordre de rire en voyant passer dans le parc une princesse et son arc suivie par un troubadour complètement à la ramasse. Les oiseaux, et n'importe qui d'autre qui passerait par là… Je m'arrêtais subitement avant d'être à la moitié de la chanson. Sherwood venait de se retourner et me tendait son arme et un projectile. Son arc. Les yeux écarquillés, je cherchais d'abord le piège avant de m'apercevoir qu'elle était sérieuse. Elle voulait vraiment que je lui montre ce que j'avais dis plus tôt, à savoir que je savais mieux tirer qu'elle. *Et merde…. Franchement parfois apprends à fermer ta gueule Than…*
Je récupérais ce qu'elle me donnait en lui confiant en retour mon instrument. Un échange de confiance si on peut dire. J'aurais pu la poser sur l'herbe, mais je me disais que si elle était prête à me laisser poser mes sales pattes sur quelque chose qui lui appartenait, alors je devrais certainement en faire de même.

Je me préparais pour le tir en faisant fonctionner ma mémoire aussi vite que possible. Comment j'avais fait la dernière fois que j'avais été sur un champ de tir à l'arc déjà ? J'étais plus fort du bras gauche, alors je prenais l'arc de la main droite. J'encochais la flèche et la calais sur mon pouce et l'empêchais de tomber en la tenant à l'empennage entre l'index et le majeur de l'autre main, et levais la tête pour observer la scène avant d'armer le tir. Garder l'arme en tension pendant une longue période était fatiguant, du moins c'est ce que je me rappelais, et cela pouvait mener à certains accidents. Je me tournais face au Saule et bandais l'arc après m'être assuré qu'il n'y avait personne dans les environs. Bras droit tendu, je ramenais la corde jusqu'au coin de ma mâchoire mais élevais à peine un peu l'angle de tir avant de relâcher la flèche qui filait droit en direction de l'arbre en question mais ricochait sur son tronc au lieu de s'y planter directement. Haussant un sourcil, je me disais que je n'avais finalement pas tout perdu de ma dernière initiation à l'archerie. Cependant au vu de sa taille, il eut été difficile de rater le saule… Mais je taisais cette remarque. Pas la peine de demander un challenge plus dur à la rousse qui se ferait un plaisir de me faire abattre une libellule virevoltant à l'autre bout du lac si elle se savait capable de la toucher.
Je tournais la tête en sa direction en souriant.

- Pas mal hein ? Cependant…
Je grattais la corde de l'arme comme s'il s'agissait d'une harpe. Il manque des cordes. Au moins cinq… Mais ça peut s'arranger si tu veux.


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MessageSujet: Re: On reste ennemis ?   Dim 4 Nov - 23:38
On reste ennemis ?


Kathleen avait royalement ignoré son blaireau de compagnie lorsque celui-ci s'était mis à chanter. Elle entendait la musique sans réellement l'écouter. Si elle s'était attardée sur les paroles chantées par son camarade, il y aurait eu de fortes chances pour qu'elle lui arrache la guitare des mains et qu'elle l'assomme avec. Il fallait toutefois croire que c'était le jour de chance du jaune et noir, car la Préfète n'était pas d'humeur à faire attention aux phrases qui accompagnaient la mélodie qui, il faut l'avouer, ne lui déplaisait pas. Elle s'était contentée de poursuivre son chemin, cherchant de ses yeux clairs une cible que Thanaël pouvait éventuellement espérer toucher. Son choix s'était alors arrêté sur le Saule au large tronc. S'il ratait ça, il était vraiment un cas désespéré.

Après son instant d'hésitation, le brun s'était emparé de l'arc et de la flèche, non sans remettre au passage son instrument de musique à Kathleen. La rousse observa l'objet avec perplexité. Elle ne fit pas part du dégoût qu'elle ressentait face à cette invention. Elle était plus habituée aux instruments utilisés traditionnellement par les sorciers. Posant le bas de l'objet au sol tout en gardant sa main fermée sur le manche, elle glissa son regard sur Thanaël qui se mettait en position. Elle se contenta de l'observer sans intervenir, le laissant commettre quelques erreurs avant de lâcher la flèche qui fila dans les airs et ricocha contre le tronc de l'arbre. La fierté qu'il affichait suite à ce que Kathleen aurait personnellement qualifié d'échec étonna cette dernière qui haussa un sourcil interrogateur. C'est alors que le Poufsouffle fit une remarque concernant le manque de corde de son arme.

"Pas mal ? Tu plaisantes ? C'était une catastrophe !" répondit-elle du tac au tac. "Et, non, tu ne feras pas de mon arc un instrument de musique... Même pas en rêve ! Bon... Remets-toi en position. Prends cette flèche..." lui ordonna-t-elle en lui tendant une nouvelle flèche qu'elle venait de sortir de son carquois. "Voilà. Alors là, tu vois, tu dois plus lever ton coude quand tu tires la flèche. Exactement, comme ça. Et redresse un peu ta tête : ça te permettra de te tenir plus droit. Bien. Maintenant tu peux tirer."

Tout en parlant, elle avait glissé sa main d'abord sous le coude de Thanaël, puis sous son menton afin d'ajuster sa manière de se tenir. Elle avait ensuite vérifié d'un dernier coup d'oeil sa posture avant de lui donner le coup d'envoi. La Serpentard n'avait même pas suivi la flèche des yeux, sachant pertinemment que celle-ci allait atteindre son but. Après tout, c'était presque comme si c'était elle qui l'avait tirée, ayant positionné le tireur exactement comme elle se serait placée elle-même si elle avait tenu l'arme dans ses propres mains. Son regard avait glissé jusqu'à la guitare qu'elle tenait toujours fermement dans sa main. Relevant celle-ci, elle l'observa un instant avant de pincer une corde entre ses ongles, tirant dessus légèrement avant de la laisser vibrer dans l'air et émettre un son affreux.

"Et vous appelez ça de la musique ? Mh ?" demanda-t-elle en souriant de manière hautaine. "Bon... Va rechercher les flèches." lui ordonna-t-elle comme s'il n'était rien de plus qu'un Elfe de Maison sous ses ordres.


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